Y a-t-il des formations diplômantes qui sont une « arnaque » ? Pas dans le sens le plus évident du terme, mais comme une promesse non tenue. Des parcours célébrés comme des placements sûrs qui se révèlent alors plus longs, plus chers, plus saturés ou moins rentables que ce qui était annoncé.
La discussion explose sur Reddit et accuse non pas tant les cours traditionnellement considérés comme faibles, mais ceux vendus comme solides, techniques, « stratégiques ». L'informatique à l'ère de l'IA, des STEM très difficiles, des parcours de santé qui nécessitent plus d'une décennie avant de voir un revenu stable.
Le problème n’est pas seulement l’emploi. Il s’agit de la relation entre les universités, les attentes et le marché.
La question qui renverse le cliché
Le point de départ est déjà une lacune intéressante. L'auteur du post précise : « Je ne parle pas des diplômes que nous connaissons tous. » Nous ne parlons donc pas des formations qui, dans le débat public, sont automatiquement associées à des difficultés d'emploi. Nous parlons de ceux qui promettent solidité, prestige, salaire.
On soupçonne que la véritable « arnaque » n’est pas le manque de travail, mais la promesse excessive. Des diplômes considérés comme réussis qui se heurtent alors à des marchés saturés, des salaires bas, des parcours infinis. Une différence subtile mais décisive : non pas l’absence d’opportunités, mais l’écart entre attente et réalité.
« Le problème n'est pas le diplôme, c'est le monde du travail »
Une partie de la communauté démonte immédiatement l’idée selon laquelle les cours frauduleux existent eux-mêmes. « Avec certains, vous ne trouvez pas de travail du tout et vous êtes très limités, avec d'autres vous trouvez du travail mais vous êtes traité comme de la merde et mal payé ». L’objectif change : ce n’est pas l’université, mais les conditions du marché.
Il y a ceux qui résument brutalement : « Le problème, ce n'est pas l'université, c'est que le monde est nul ».
Un autre commentaire ramène la question à un niveau plus technique : « Le diplôme ne donne pas directement un emploi, il aide. » Et puis énumérez ce qui compte vraiment : les qualifications, les certifications, votre niveau (pas de notes), combien et où vous recherchez du travail, qui vous connaissez, votre niveau lors des entretiens. De ce point de vue, le diplôme est un facteur parmi d’autres. Pas une garantie.
L’« arnaque », c’est le récit : diplôme = travail
Ici, le débat devient plus idéologique. « Le diplôme est une arnaque générale car il est vendu comme 'diplômés pour trouver un emploi' ». Le problème, selon ce point de vue, est le message. L’idée selon laquelle il suffit de s’inscrire et d’attendre trois ou cinq ans pour obtenir automatiquement une place.
Un autre utilisateur tente de séparer les niveaux : « L'université est née avec l'intention d'approfondir une discipline, l'association avec l'emploi est le résultat de cette époque moderne ». En d’autres termes : l’université comme lieu de formation et non comme agence pour l’emploi.
Ensuite, il y a la version radicale : « Tous les diplômes deviendront inutiles à cause de l’IA. » Et encore : « Quel que soit le diplôme choisi, il y aura un hic : de longues périodes sans expérience, des stages non rémunérés, la précarité. Mieux vaut avoir une formation professionnelle bien faite et acquérir de l'expérience tout de suite. »
Ici, un autre critère « d’arnaque » apparaît : le coût d’opportunité. Années sans revenus, expérience tardive, entrée tardive sur le marché.
Économie et droit : inflation et connexions
Parmi les cours mentionnés, il y a aussi ceux traditionnellement considérés comme solides. « L'économie en général est une arnaque si elle n'est pas quantitative. Elle est très gonflée. » Un autre commentaire ajoute : « Sans coup de pied au cul, vous n'irez pas très loin. »
Un cas concret concerne « l'économie du tourisme », définie comme « d'énormes conneries » : exclusions de concours, niveau d'études jugé faible, diplômés qui « ne connaissaient pas la différence entre profit et chiffre d'affaires ». Ici, le sujet est l'inflation du titre et la différence entre le nom du cours et la valeur marchande réelle.
Sur la jurisprudence, l'opinion est similaire : « C'est professionnalisant mais trouver du travail dans le secteur n'est pas facile sans les bonnes relations ».
Ingénierie, informatique et STEM : promesse technique, réalité italienne
Les diplômes techniques se retrouvent également dans la ligne de mire. «Les diplômes en informatique sont un piège que nous traînons avec nous depuis 2020», écrit quelqu'un en faisant référence au boom du travail intelligent. « En Italie, ils finissent souvent comme ingénieurs système dans une petite ou moyenne entreprise qui les rémunère comme vendeurs ».
La comparaison avec les pays étrangers est implicite : « Si vous allez proposer 25k RAL, ils vous riront au nez ».
Pour les STEM plus théoriques, une autre thématique émerge : le burn-out. « La plupart des professeurs ne veulent pas expliquer, vous allez certainement vous épuiser au premier semestre. » Et une fois diplômé ? « Soit faire une maîtrise, soit être professeur jusqu'au collège. »
Ici, l'« arnaque » n'est pas l'absence de compétences, mais l'écart entre une difficulté énorme et un rendement perçu comme insuffisant.
Psychologie, biologie et parcours d'entonnoir
Certains commentaires critiquent les itinéraires structurés avec étapes obligatoires. « On ne peut rien faire avec le diplôme de psychologie en trois ans ». Master à nombre de places limité, double stage, double mémoire, classements très relevés : « Pour le master que je voulais faire, il aurait fallu que j'ai une moyenne type de 29,7 pour être dernier du classement. »
En biologie, la situation est similaire : sans examen d'État et sans spécialisation, « on ne trouve rien ». Années accumulées, accès sélectif, bas salaires.
Dans ces cas-là, « l’arnaque » est perçue comme un entonnoir institutionnel : beaucoup entrent, peu continuent, et encore moins d’emplois stables.
Design, Langues, Patrimoine culturel : entre vocation et marché
« En tant qu'ancien étudiant en Design je vous dis : DESIGN ». Lapidaire.
« Langues (hors enseignement) ».
« Lettres et patrimoine culturel… que pouvez-vous faire au-delà d'être enseignant ou journaliste ? ».
Ici réapparaît le conflit classique entre vocation culturelle et marché du travail. Il ne s’agit pas tant d’une arnaque que d’une fracture entre attentes créatives et possibilités concrètes. Bref, la vieille question : est-ce que ça vaut le coup de suivre sa passion à l’université ?
Mais alors, qu’est-ce qu’une « arnaque » réellement ?
Au moins quatre définitions différentes émergent du débat :
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L'arnaque, ce n'est pas obtenir un emploi.
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L'arnaque, c'est trouver du travail mais être sous-payé et précaire.
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L'arnaque est une promesse non tenue.
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L’arnaque est un trop long voyage en arrière.
Pourtant, quelqu'un le dit clairement : « Je vous dirais en fait qu'aucun diplôme en soi n'est une arnaque ».
Peut-être que le point crucial n'est pas le nom du cours – même si certains peuvent plaisanter en disant que « 1 ou 2 mots = sérieux, 4 mots ou plus = fluff » – mais l'accord implicite qui accompagne le choix. Si l’université est présentée comme un raccourci vers la sécurité économique, la déception est presque inévitable. S'il est choisi avec un plan précis, conscient des coûts, des délais et du marché, la situation change.
Le débat reste ouvert. Et cela raconte bien plus que le système universitaire : il raconte l’anxiété d’une génération qui ne recherche pas seulement la culture, mais la stabilité.
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