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Louer la folie à Rome : 800 euros pour vivre avec toute une famille

Une publicité a transformé la recherche désespérée d'un logement à Rome en une comédie de l'absurde : 800 euros par mois pour louer une chambre individuelle dans un appartement habité par toute une famille.

Comme si cela ne suffisait pas, ce chiffre stellaire ne garantit aucune indépendance, mais comprend un ensemble de règles strictes dignes d'une caserne, comme le retour obligatoire à 22 heures et l'impossibilité d'utiliser librement les espaces communs.

La plainte vient directement de la page très populaire « Le colocataire merdique »qui a repris l'annonce, suscitant une amère ironie sur la toile. Mais derrière ces rires se cache la crise dramatique des loyers universitaires en Italie, avec des prix hors de contrôle et une offre de plus en plus insuffisante.

Horaires de baignade et couvre-feu : le « forfait famille »

Le véritable chef-d'œuvre de l'annonce, bien au-delà de la simple demande économique, réside dans les règles rigides de coexistence. Les propriétaires recherchent exclusivement une « fille/étudiante (non travaillant) » disposée à respecter des règles strictes. Le locataire doit en effet s'occuper du « retour au plus tard à 22h00″ et de la note qui précise qu' »aucun invité » n'est admis.

Le contrôle s'étend à la gestion du temps domestique : l'annonce prévoit « des horaires prédéfinis le matin pour la salle de bain » et des horaires décalés pour la cuisine, obligeant l'étudiante à utiliser « son propre set de casseroles et d'assiettes ».

Pour boucler le cercle des restrictions, il existe une interdiction catégorique d’utiliser les autres espaces de la maison. Une expérience qui transforme la vie universitaire classique en un séjour rigide surveillé par de parfaits inconnus.

Accès à la chambre ? Exclusivement par l'intermédiaire de la fille

Si les règles semblent restrictives, le summum du surréalisme est atteint lorsqu’on évoque les caractéristiques de la pièce. L'espace de 10,8 mètres carrés présente un détail logistique qui élimine toute prétention d'intimité : la chambre peut être « accessible via la chambre d'une autre fille ». Bref, pour accéder à votre lit, il faut régulièrement traverser l'espace de vie d'un membre de la famille.

A l'intérieur de la minuscule partie immobilière, les équipements décrits comprennent un lit, un bureau, une lampe, quelques étagères et le luxe de « 1 porte d'armoire disponible ». La seule véritable concession accordée par les locataires pour justifier les 800 euros par mois est l'inclusion des charges d'eau, d'électricité, de gaz et de wifi dans le loyer, offrant un local à proximité des bureaux Luiss et Sapienza.

Au-delà de l’ironie : la crise structurelle des loyers en Italie

Ce gouffre structurel livre les étudiants universitaires entre les mains d’un marché privé impitoyable. Si les prix affichent une légère baisse au niveau national, les grandes villes restent totalement inaccessibles. Milan est en tête du classement des loyers chers avec une moyenne de 704 euros pour une chambre individuelle, atteignant 823 euros dans les zones centrales.

Le « cas de Rome » est cependant le plus alarmant : dans la capitale, la hausse des prix ne ralentit pas, atteignant un +7% sur une base annuelle. Un lit coûte en moyenne 615 euros, mais le segment « premium » autour des universités privées frôle les chiffres fous, atteignant 1 000 euros par mois pour une chambre.

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