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Émotions à l'école: du journal émotionnel à la roue des émotions, des lectures et des récits. L'invitation du professeur Gianni Cauchi. Télécharger les cartes d'opération

Au début d'une nouvelle année scolaire, les enseignants sont confrontés à un défi qui va bien au-delà de la programmation disciplinaire: celle de la création d'un environnement capable d'accueillir et d'améliorer les émotions des élèves. Ce n'est pas une tâche secondaire, mais une composante structurelle de l'éducation. En ce sens, les réflexions du professeur Gianni Cauchi deviennent une précieuse contribution: il invite les enseignants à « mettre en ordre les émotions », tout en reconnaissant que « ce n'est pas du tout simple », et à « les normaliser », afin que les garçons puissent les découvrir non comme des obstacles, mais comme une compasse. À partir de ces déclarations, l'article propose un cadre théorique mis à jour, des références réglementaires et scientifiques, et propose des stratégies concrètes pour les enseignants qui souhaitent faire face à la nouvelle année scolaire en plaçant la dimension émotionnelle au centre.

Émotions: de l'individu privé au contexte scolaire

« Mettre des émotions dans l'ordre n'est pas du tout simple. Savoir comment les reconnaître, encore moins », souligne Cauchi. Ce passage décrit clairement le cœur du problème: dans la société contemporaine, les émotions sont souvent vécues comme un fait individuel et intime que tout le monde est appelé à gérer dans la solitude. Pourtant, des preuves scientifiques montrent que leur influence sur la vie relationnelle et l'apprentissage est énorme.

Daniel Goleman (1995) a popularisé le concept d'intelligence émotionnelle, montrant comment la capacité de reconnaître et de gérer ses émotions est au moins aussi décisive que le quotient intellectuel. Martha Nussbaum (2001) a plutôt souligné le lien entre les émotions et la justice, affirmant qu'ils représentent la façon dont nous attribuons la valeur au monde.

À l'école, cela signifie que l'ignorance de la dimension émotionnelle des élèves est équivalente à négliger l'un des canaux fondamentaux par lesquels ils apprennent. La motivation, la résilience, la capacité de concentration et la mémoire sont strictement influencées par l'état émotionnel. Un étudiant anxieux, en colère ou triste ne peut jamais apprendre avec la même efficacité qu'un étudiant qui se sent accueilli, amélioré et compris.

Normaliser les émotions: un changement de paradigme

La deuxième déclaration de Cauchi est également éclairée: « Normaliser les émotions signifie enseigner aux garçons qu'ils ne sont pas un obstacle à réprimer, mais une boussole à apprendre à lire ».

Ici, l'enseignant touche un point décisif: historiquement, l'école a privilégié la dimension cognitive, reléguant la dimension émotionnelle dans un coin marginal, parfois considéré comme un obstacle. Le nouveau paradigme éducatif, en revanche, nécessite de considérer les émotions faisant partie intégrante du processus de formation.

Les neurosciences éducatives (Immordino-Yang et Damasio, 2007) confirment que les émotions et la cognition ne sont pas deux mondes distincts: le cerveau émotionnel et rationnel interagit constamment. Les décisions, les choix moraux, même la mémoire à long terme, dépendent de l'élaboration émotionnelle.

Normaliser les émotions signifie donc leur donner la citoyenneté à l'école, montrant aux élèves que la colère n'est pas une erreur, mais un signal à interpréter; Cette peur n'est pas une faiblesse, mais un mécanisme de protection; Cette tristesse n'est pas un poids inutile, mais une étape nécessaire pour traiter les pertes. De cette façon, l'école est transformée d'un lieu de transmission de contenu en laboratoire de croissance personnelle et communautaire.

Cadre réglementaire et directives européennes

Le thème est non seulement pédagogique, mais aussi réglementaire. Ces dernières années, les documents nationaux et internationaux ont insisté sur l'importance des compétences socio-émotionnelles:

  • Indications nationales pour le programme (2012, mise à jour 2018): ils rappellent la nécessité de développer des compétences de citoyenneté chez les élèves qui incluent l'empathie, la gestion des émotions, les compétences relationnelles.



  • Compétences clés européennes (2018): l'Union européenne souligne la centralité de Compétences sociales personnelles et capacité à apprendre à apprendrequi incluent la résilience, la conscience de soi et la gestion des émotions.



  • Lignes directrices pour l'éducation civique (2020): Bien que axée sur les droits, la citoyenneté numérique et la durabilité, ils prêtent attention au respect mutuel et au puits émotionnel en tant qu'éléments de la coexistence civile.



  • Who – Life Skills Education: Depuis 1993, l'Organisation mondiale de la santé a défini entre 10 Compétences de vie La gestion des émotions et du stress est fondamentale.

Il s'ensuit que le travail sur les émotions n'est pas seulement une option innovante, mais un devoir professionnel et institutionnel.

Stratégies didactiques pour le début de l'année scolaire

Comment traduire tout cela en pratique quotidienne? Voici quelques propositions opérationnelles, adaptées aux différents ordres scolaires:

Le journal émotionnel

Chaque élève peut garder un cahier ou un fichier numérique où il note, même si ce n'est avec une couleur ou un mot, comme il se sent au début de la journée. L'enseignant peut alors proposer des moments de partage, respectant ceux qui ne veulent pas s'exposer.

La roue des émotions

Un outil visuel, inspiré du travail de Plutchik, qui vous permet de reconnaître la gamme des émotions et leurs nuances. Chaque matin, les élèves peuvent indiquer quelle émotion ils se trouvent, favorisant la langue partagée.

Jeu de rôle et dramatisation

La mise en scène de situations de conflit, de peur ou de joie permet aux élèves de prendre une distance de l'émotion et de réfléchir à sa signification.

Lectures et récits

La littérature et l'histoire offrent de nombreuses idées: lire un poème, un roman ou une chanson historique en soulignant les émotions des protagonistes aide à relier le contenu disciplinaire et l'expérience personnelle.

Espaces d'écoute individuels

Même dans les contextes les plus structurés, la coupe de moments de dialogue personnel vous permet d'intercepter les inconvénients qui risqueraient d'exploser dans des comportements problématiques.

Éducation musicale et artistique

La musique et l'art sont des langues privilégiées pour exprimer des émotions. L'utilisation d'outils non verbaux permet aux étudiants les plus introvertis de communiquer des humeurs autrement inexprimables.

Implication des familles

Les enseignants peuvent proposer des réunions ou des guides d'exploitation courts pour aider les parents à reconnaître et à soutenir les émotions des enfants, en créant une continuité éducative scolaire.

L'enseignant en tant que modèle

Pour que ces stratégies soient efficaces, il est essentiel que les enseignants eux-mêmes travaillent sur leurs émotions. La gestion des classes, la capacité de maintenir le calme, la façon dont ils sont confrontés à des conflits sont de puissants outils éducatifs. Il ne suffit pas d'enseigner à reconnaître la colère ou la peur: il faut montrer, avec votre exemple, comment ils peuvent être traités et transformés.

La formation continue des enseignants devrait donc inclure des chemins d'éducation socio-émotionnels, des supervisions pédagogiques et des espaces de réflexion automatique. En ce sens, des initiatives de éducation des pairs et les communautés de pratiques entre les enseignants peuvent représenter des ressources précieuses.

Cartes pratiques pour les enseignants

Carte 1 – Le journal des émotions

  • Objectif: développer une conscience émotionnelle.



  • Comment faire: chaque élève, au début de la journée, écrit un mot ou une couleur sur un cahier ou un dépliant qui représente son humeur.



  • Variante numérique: utilisation des formulaires Padlet ou Google pour une collection anonyme.



  • Temps requis: 5 minutes au début des leçons.

Carte 2 – La roue des émotions

  • Objectif: Développez le vocabulaire émotionnel.



  • Comment le faire: accrochez-vous en classe une roue colorée avec les émotions principales (joie, peur, colère, tristesse, surprise, dégoût). Les élèves peuvent marquer leur émotion dominante chaque jour.



  • Avantage: réduit l'anxiété et les conflits, favorisant l'empathie.



  • Convient pour: école secondaire primaire et secondaire.

Carte 3 – jeu de rôle

  • Objectif: Apprenez à gérer les conflits et les peurs.



  • Comment faire: proposer des scénarios (un différend, une erreur, un succès) et inviter les élèves à réciter les différents rôles.



  • Discussion finale: Réfléchissez sur la façon dont l'expérience émotionnelle change dans différents rôles.



  • Durée: 30 minutes.

Carte 4 – littérature et émotions

  • Objectif: Connectez le contenu disciplinaire à l'expérience émotionnelle.



  • Comment faire: après avoir lu un texte (poésie, histoire, épisode historique), demandez: Quelles émotions les protagonistes ressentent-ils? Les partagez-vous?



  • Utilité: rend l'étude des disciplines plus vivante.

Carte 5 – Émotions à travers l'art

  • Objectif: encourager l'expression non verbale.



  • Comment faire: utiliser la musique, la peinture, le collage pour exprimer l'humeur.



  • Parce que: certains étudiants ne trouvent pas les bons mots, mais grâce à l'art, ils peuvent communiquer efficacement.

Carte 6 – Impliquez les familles

  • Objectif: Créer une cohérence éducative scolaire-famille.



  • Comment faire: envoyer un court guide ou organiser une réunion sur la façon de reconnaître et d'accueillir les émotions des enfants.



  • Effet: réduit les conflits scolaires du génie, renforce l'alliance éducative.

Donner la citoyenneté aux émotions

L'année scolaire qui commence peut être une opportunité précieuse, par conséquent, comme mentionné, de donner la citoyenneté aux émotions. Les réflexions du professeur Gianni Cauchi nous rappellent que l'école ne doit pas être seulement « le lieu où nous parlons de Napoléon ou du système solaire », mais aussi du laboratoire où vous apprenez à lire la boussole intérieure.

Un élève qui reconnaît et accueille ses émotions est plus motivé, plus résilient et plus disponible pour apprendre. Parce que, comme le montre la recherche, il n'y a pas d'apprentissage sans émotion.

L'école du 21e siècle ne peut pas se limiter à être l'endroit où Napoléon ou le système solaire sont étudiés. Il doit devenir un laboratoire de vie, capable d'intégrer la dimension cognitive et émotionnelle. Les paroles du professeur Gianni Cauchi ne sont pas seulement une suggestion, mais une invitation à assumer une perspective éducative plus large, qui reconnaît la centralité des émotions dans le processus d'apprentissage.

Le début de l'année scolaire avec un emploi sur les émotions ne signifie pas que la soustraction du temps du contenu disciplinaire (pourquoi l'école est-elle toujours celle du contenu? Pourtant, je pense toujours que le programme se termine comme la seule raison pour laquelle vous êtes dans la classe), mais plutôt pour améliorer sa réception et sa compréhension. Parce que, comme le montre la recherche, il n'y a pas d'apprentissage sans émotion. Et si les élèves apprennent à «lire» leur boussole intérieure, l'école aura acquitté sa tâche la plus élevée: former des personnes conscientes, résilientes et ouvertes dans le monde.

Les cartes pratiques sont jointes à travailler sur les émotions à l'école