Le gouvernement espagnol marque un tournant décisif pour son système national de santé. Le Conseil des ministres a en effet donné son feu vert à un nouveau projet de loi dédié à la réforme du médicament et des produits de santé, qui introduit une innovation fondamentale : l'élargissement des pouvoirs prescriptifs pour les infirmiers et les kinésithérapeutes.
Vers une plus grande autonomie professionnelle
Cette mesure, qui fait partie des interventions les plus importantes promues par l'exécutif de Pedro Sánchez dans le secteur de la santé, permettra à ces deux catégories de professionnels de prescrire certains médicaments, toujours en respectant leurs domaines de compétence.
Il ne s’agit pas d’une décision isolée, mais plutôt de l’évolution naturelle d’un chemin déjà entamé dans le pays, où les infirmières ont déjà le pouvoir de gérer et d’autoriser l’utilisation de produits spécifiques selon des protocoles stricts.
L’objectif principal de la réforme est double : d’une part, elle vise à valoriser et reconnaître le travail des professions de santé non médicales, et d’autre part, elle vise à rationaliser les processus de soins de santé. En permettant aux infirmières et aux physiothérapeutes d’opérer avec une plus grande autonomie, notamment au sein d’équipes multidisciplinaires, les soins aux patients devraient être beaucoup plus rapides et fluides.
Le rôle de la prescription du principe actif
Un autre pilier essentiel du projet de loi concerne la manière dont ces exigences prendront place.
En effet, le texte prévoit que la prescription par principe actif deviendra la méthode ordinaire. Il s’agit d’un choix stratégique visant à encourager l’utilisation de médicaments équivalents : l’objectif est de stimuler la concurrence entre les différents producteurs et, par conséquent, de contribuer à contenir les dépenses pharmaceutiques de l’État, tout en maintenant inchangées les normes élevées de sécurité et de qualité des soins.
Le contexte européen et les prochaines étapes
Avec cette démarche, l’Espagne s’aligne sur une tendance de plus en plus marquée en Europe. Plusieurs pays ont déjà commencé à confier des responsabilités croissantes aux professionnels de santé non médicaux pour répondre à des besoins de santé nouveaux et complexes.
Mais désormais, la parole passe au Parlement espagnol. Le projet devra en effet passer le débat et l'examen des Cortes, phase au cours de laquelle toute modification du texte original pourra être appliquée. Si la réforme devait se dérouler sans bouleversements, le système de santé espagnol se préparerait à connaître une évolution structurelle importante.


