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parce que les étudiants frappent sur les pupitres

Si vous assistez à la fin d'un cours dans une université en Allemagne, en Autriche ou en Suisse, ne vous attendez pas à la classique douche de mains. A la fin du discours du professeur, la classe est soudain envahie par un bruit rythmé et sourd : des coups de poing frappant de manière décisive le bois des bureaux.

Ce geste, connu sous le nom L'Akademisches Klopfen (coup académique) est un pilier de l'identité universitaire germanophone. Mais d’où vient cette étrange habitude ?

Une évolution historique : de la protestation au respect

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, frapper n’est pas toujours un compliment. Son histoire est un exemple fascinant de la manière dont les codes sociaux peuvent se renverser au fil du temps.

Aux XVIIIe et XIXe siècles, faire du bruit avec ses pieds ou ses bâtons (pratique connue sous le nom de Austrommeln) était un moyen de interrompre un professeur ou exprimer sa déception. C’était une alternative au sifflement, jugé trop vulgaire pour le milieu universitaire.

Au fil du temps, le code de conduite des étudiants (lo Commentaire étudiant) a transformé ce bruit en signal d’approbation. Vers le milieu du XIXe siècle, frapper devient officiellement le moyen d'honorer une excellente leçon, se distinguant clairement des applaudissements « profanes ».

Pourquoi frappez-vous au lieu d’applaudir ?

Il existe plusieurs théories, entre pratiques et sociologiques, qui expliquent cette distinction. Les applaudissements traditionnels étaient historiquement associés au théâtre, aux foires et aux divertissements de masse. L'université, en tant que lieu de haute recherche, ressentait le besoin d'avoir son propre langage, plus sobre et solennel.

Mais l’explication pratique la plus accréditée est celle de la « main libre ». Les étudiants, occupés à prendre des notes avec un stylo et du papier, n'avaient souvent qu'une main libre. Frapper avec ses jointures était donc bien plus immédiat et confortable que de devoir poser son stylo pour applaudir.

Certains historiens associent ce geste à l'ancienne coutume médiévale consistant à frapper des lances ou des jointures sur les boucliers lors des assemblées de guerriers pour approuver une décision collective.

L'étiquette du « frapper »

On ne frappe pas au hasard ; Il existe des règles non écrites que chaque élève apprend rapidement. Frapper, c'est avant tout remercier le professeur pour la qualité du cours et lui communiquer un message clair : « On a compris le contenu, aujourd'hui on a appris quelque chose ».

Un coup court et rythmé est la norme. Si la leçon a été particulièrement éclairante, le bruit devient plus fort et plus prolongé.

Il y a aussi une part d’ironie dans cette tradition. Le bruit soudain et aigu fait sourire ceux qui, au cours d'un long cours théorique, ont peut-être perdu un peu leur concentration.

Une tradition qui perdure

Alors que dans le reste du monde les applaudissements sont universels, dans Horsäle (amphithéâtres allemands) le bois reste le protagoniste. C'est un rite de passage qui unit des générations d'étudiants et de professeurs, une manière unique de terminer chaque cours avec un signe tangible d'estime et d'appartenance.

Par la rédaction de Skuola.net Cet article est le résultat du travail partagé de la rédaction de Skuola.net (directeur Daniele Grassucci) : une équipe de journalistes, d'analystes de données et d'experts du secteur de l'éducation qui produisent chaque jour des contenus et des idées originaux, sélectionnent et vérifient les actualités les plus pertinentes pour les étudiants et les familles, garantissant une information gratuite, précise et transparente.